En bref dans cet article :
- La santé mentale se construit tôt : une grande partie des troubles psychiques débute avant 14 ans, mais reste souvent non repérée faute de prévention et d’informations.
- Les troubles les plus fréquents chez les jeunes : anxiété, dépression, stress important… avec des impacts possibles sur l’école, la vie sociale et la famille.
- Parler, c’est déjà protéger : encourager l’expression des émotions et la demande d’aide (famille, école, professionnels) réduit l’isolement et facilite une prise en charge précoce.
- Deux leviers complémentaires : le secourisme en santé mentale (PSSM) aide à repérer/orienter (A.E.R.E.R), et la sophrologie soutient l’équilibre au quotidien (respiration, sommeil, gestion du stress, estime de soi).
- Prévenir au jour le jour : hygiène numérique, mouvement, sommeil, alimentation et apprentissage de la “résilience émotionnelle” sont des piliers simples mais puissants.
Les jeunes sont-ils plus vulnérables face aux troubles de santé mentale ? Quels sont les troubles les plus courants chez cette population ?
Selon l'organisation mondiale de la santé (OMS), la majorité des troubles psychiques commence avant l'âge de 14 ans. Dans la plupart des cas, ils ne sont ni détectés ni traités par manque de prévention et de connaissance des différents troubles de santé mentale et des symptômes associés.
Le terme "santé mentale" peut être défini de différentes manières. L'OMS la définit comme:" ... un état de bien être dans lequel une personne peut se réaliser, surmonter les tensions normales de la vie, accomplir un travail productif et contribuer à la vie de sa communauté. Dans ce sens positif, la santé mentale est le fondement du bien-être d'un individu et du bon fonctionnement d'une communauté."
La santé des jeunes est un enjeu majeur dans notre société actuelle. Entre les défis liés à la santé mentale, l'augmentation des maladies chroniques et les impacts de la technologie, il est essentiel de s'interroger sur le bien-être des adolescents et des jeunes adultes. Dans cet article, nous explorerons les différentes problématiques de santé qui touchent cette tranche d'âge et nous fournirons des conseils pratiques pour promouvoir un mode de vie sain.
Les enjeux de la santé mentale chez les jeunes
Une augmentation des troubles mentaux
Au cours des dernières années, les préoccupations concernant la santé mentale des jeunes ont considérablement augmenté. Selon une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), près de 1 jeune sur 5 est touché par des troubles mentaux, tels que l'anxiété et la dépression[*1]. Ces troubles peuvent avoir des conséquences graves sur leur quotidien, que ce soit sur le plan scolaire, social ou familial.
L'importance de parler de la santé mentale
Il est crucial d'encourager les jeunes à parler de leurs émotions et à demander de l'aide lorsqu'ils en ont besoin. Les écoles et les familles jouent un rôle clé dans la sensibilisation et la mise à disposition de ressources, telles que des psychologues scolaires ou des groupes de discussion.
L'accompagnement par des thérapeutes
Il est également important de mentionner le rôle des thérapeutes dans l'accompagnement des jeunes.
En tant que sophrologue, j'ai suivi une formation en 2024 en tant que secouriste en santé mentale pour les jeunes, une formation citoyenne ouverte à tous et particulièrement utile pour les parents.
Pour plus d'informations, vous pouvez cliquer ici : PSSM France.
Grâce à cette formation, j’ai pu apprendre à repérer les signes précoces de troubles psychiques chez les jeunes, en utilisant le sigle A.E.R.E.R (Approcher, Écouter, Réconforter, Encourager, Renseigner). Je recommande vivement à tous les parents, ainsi qu'à toute personne intéressée, de suivre cette formation afin d’offrir le meilleur soutien possible à leurs jeunes et de contribuer à leur bien-être mental.
Au-delà de cette capacité à repérer et orienter, ma pratique de sophrologue me permet d'agir en amont, en offrant aux jeunes des outils d'autonomie pour préserver leur équilibre.
Dans le cadre de mon accompagnement en cabinet, je rencontre des jeunes dont les parcours témoignent de la violence de certains vécus, mais aussi de leur formidable capacité de résilience.
"Il arrive aussi que la souffrance devienne si sourde qu'elle ne trouve plus de mots pour s'exprimer. J'accompagne des jeunes pour qui l'automutilation est devenue, malgré eux, un moyen de « court-circuiter » une détresse psychique trop intense. Dans ces moments-là, mon rôle est double : avec ma casquette de secouriste en santé mentale, je m'assure que le jeune est orienté vers un parcours de soin adapté (psychologue, psychiatre). En séance de sophrologie, nous travaillons par exemple sur la libération des tensions par le souffle. L'objectif est d'apprendre à canaliser ce trop-plein émotionnel autrement, en remplaçant l'acte de douleur par une technique de respiration apaisante qui permet de « vider le sac » sans se blesser."
Le lien avec le PSSM : le PSSM m'aide à détecter quand un jeune a besoin d'une aide médicale urgente, tandis que la sophrologie l'aide à maintenir son équilibre au quotidien.
La Sophrologie : un outil concret pour l'équilibre des jeunes
Si le secourisme en santé mentale permet d'intervenir et de soutenir, la sophrologie, elle, offre aux jeunes des outils d'autonomie pour agir sur leur quotidien. À un âge où le corps change et où les émotions peuvent être envahissantes, cette pratique propose une pause nécessaire.
Apprivoiser son corps et ses émotions
L'adolescence est souvent une période de déconnexion : on ne reconnaît plus son corps, on subit ses émotions. La sophrologie permet de :
- Réhabiter son corps : Grâce à des exercices de relaxation dynamique, le jeune reprend conscience de ses sensations physiques de manière positive.
- Canaliser le stress des examens : Les techniques de respiration et de visualisation aident à se projeter avec confiance vers les échéances scolaires ou personnelles.
- Améliorer la qualité du sommeil : En apprenant à mettre le mental au repos, on facilite l'endormissement, souvent perturbé par l'anxiété ou les écrans.
Une "bulle de sécurité" intérieure
La sophrologie apprend aux adolescents qu'ils possèdent en eux une ressource inépuisable : leur respiration. C'est un outil qu'ils emportent partout (en classe, lors d'un rendez-vous, avant une compétition) pour :
- Redescendre en pression instantanément.
- Prendre du recul face aux conflits ou aux pressions sociales.
- Renforcer l'estime de soi en se focalisant sur leurs capacités et leurs réussites.
« Pratiquer la sophrologie avec un jeune, ce n’est pas seulement l’aider à se détendre, c’est lui transmettre un mode d’emploi pour naviguer dans la vie avec plus de sérénité. »
Conseils pratiques pour favoriser le bien-être au quotidien
Au-delà de l'intervention en cas de crise, la prévention joue un rôle fondamental. Voici quelques piliers pour aider les jeunes à cultiver une meilleure santé mentale :
1. Développer une hygiène numérique consciente
Les réseaux sociaux sont souvent le théâtre de comparaisons sociales épuisantes. Encourager les "pauses numériques" et limiter le temps d'écran, surtout avant le sommeil, aide à réguler le système nerveux et à réduire l'anxiété.
2. Le rôle du corps dans l'équilibre mental
L'activité physique, une alimentation équilibrée et un sommeil régulier ne sont pas que des conseils de santé physique ; ils sont les premiers alliés de notre cerveau.
En tant que sophrologue, je constate chaque jour à quel point la respiration est un outil puissant : apprendre à un jeune à respirer par le ventre, c'est lui donner une télécommande pour calmer son stress en toute autonomie.
3. Cultiver la "résilience émotionnelle"
Il ne s'agit pas d'éviter les émotions négatives, mais d'apprendre à naviguer avec elles.
- Accueillir l'émotion sans jugement.
- Nommer ce que l'on ressent
- Pratiquer l'auto-compassion : se parler comme on parlerait à son meilleur ami.
Conclusion : Agir ensemble pour demain
La santé mentale des jeunes n'est pas une fatalité, c'est une responsabilité partagée. En changeant notre regard sur ces troubles et en nous formant — comme avec le secourisme en santé mentale — nous brisons le tabou et l'isolement.
Chaque geste compte : une écoute active, un regard bienveillant ou l'orientation vers un professionnel peut changer le cours d'une vie.
Prenons soin de notre jeunesse, car leur bien-être est le socle de notre société de demain.
Sources :
[^1]: Organisation mondiale de la santé. (2021). Rapport sur la santé mentale des jeunes.
[^2]: Ministère de la Santé. (2022). Enquête sur les habitudes alimentaires des jeunes.
[^3]: Organisation mondiale de la santé. (2020). L'activité physique pour la santé.

